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Les Six ressources pour éviter les maladies psychiques liées au travail

Six ressources pour prévenir les maladies psychiques liées au travail

La souffrance psychique liée au travail est un enjeu majeur de santé publique. En France, entre 2007 et 2019, la prévalence des troubles psychiques liés au travail a doublé et touche plus fortement les femmes que les hommes, avec des manifestations allant des troubles anxieux et dépressifs jusqu’au burn-out et à des conséquences graves comme le suicide.

Si les risques psychosociaux (RPS) sont bien connus (exposition à des contraintes organisationnelles, surcharge de travail, relations sociales dégradées, insécurité, etc.), une prévention efficace passe par l’identification et le renforcement de ressources psychosociales qui favorisent la santé plutôt que la souffrance.

1. Favoriser l'expérience de "flow"

Le concept de flow désigne un état où un travail exigeant devient fluide, motivant et absorbant. Cela implique :

  • des objectifs clairs et partagés,
  • des compétences adéquates pour y répondre,
  • des retours réguliers (feedback),
  • des marges de manœuvre suffisantes.

Lors des visites ou audits, repérer les contextes où l’intensité du travail se traduit par un engagement soutenable plutôt qu’un stress chronique (p. ex. absence de retours, interruptions fréquentes, objectifs flous).

2. Apprendre à vivre et partager ses émotions 

Plutôt que simplement renforcer la résistance individuelle au stress comme le font certaines formations génériques, les approches efficaces consistent à :

  • permettre la reconnaissance et l’expression des émotions,
  • instaurer des temps de réflexion ou débriefings après des situations difficiles.

 

Point d’attention clinique : savoir nommer et partager les réactions émotionnelles au travail est un marqueur fort de prévention des ruptures.

3. Construire une autonomie encadrée

L’autonomie est une ressource clé lorsque l’on peut décider du comment, du quand et du quoi dans son activité, mais encadrée par des repères clairs pour éviter la déresponsabilisation ou la micro-gestion.

Ce type d’autonomie comprend :

  • l’autonomie dans la planification du travail,
  • l’autonomie organisationnelle (horaires, timing),
  • l’autonomie décisionnelle (choix des méthodes).

4. Prévenir et gérer les conflits sociaux

Un climat social dégradé, les affrontements non résolus ou ignorés, sont des facteurs de tension psychique chronique. La prévention repose sur :

  • des dispositifs de résolution proactive des tensions,
  • des espaces d’écoute structurés,
  • des compétences managériales en régulation sociale.

 

Rôle des SPST : repérer lors d’enquêtes ou visites les situations où l’évitement des conflits masque en réalité une dégradation des relations de travail.

5. Renforcer le sens et l'utilité du travail 

La perception d’un travail qui a du sens est une ressource psychique majeure. Elle se construit par :

  • la compréhension de l’impact social de l’activité,
  • la cohérence entre les tâches assignées et les compétences mobilisées,
  • la reconnaissance explicite des contributions.

 

Dans les situations de dérive, le travail peut devenir vide de sens, source d’épuisement et de désengagement.

6. Développer l'assertivité

 

L’assertivité est la capacité à défendre ses droits et besoins sans nuire à ceux des autres — une compétence critique pour poser des limites claires dans l’activité professionnelle et préserver son équilibre.

Elle permet notamment :

  • de clarifier les injonctions paradoxales,

  • de réduire les malentendus relationnels,

  • d’ajuster les demandes aux capacités réelles des équipes.

 

Passer de la prévention individuelle à la prévention organisationnelle

Pour les médecins du travail et les SPST, l’intérêt de ce modèle est qu’il ne se limite pas à des interventions ciblées sur l’individu, mais tient compte de conditions et ressources organisationnelles propices à la santé psychique au travail.

Elle s’intègre parfaitement dans une démarche de prévention des RPS fondée sur :

  • l’identification des facteurs de risque,
  • l’analyse des ressources existantes,
  • l’accompagnement des changements organisationnels.

 

Les six ressources psychosociales constituent une grille opérationnelle pour :

  • analyser finement les situations de travail,
  • préciser les leviers de prévention primaire,
  • orienter les actions collectives au sein des organisations,
  • réduire durablement l’incidence des troubles psychiques liés au travail.

 

Pour SST Conseil, ce modèle aide les médecins du travail et les SPST à mettre en place des stratégies de prévention centrées sur les conditions réelles de travail, au-delà de l’approche uniquement individuelle — ce qui est crucial pour anticiper, détecter et réduire l’apparition des souffrances psychiques.

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